Un retour du transport fluvial plus médiatique que réel ?

+ Une renaissance initiée il y a 20 ans

Avec la désindustrialisation initiée dans les années 1970, le transport fluvial a connu une période de chute des trafics. Trop lent et trop peu flexible, il était considéré comme peu adapté aux besoins modernes. Il fut ainsi délaissé au profit de la route. Cependant, notamment face aux enjeux cités précédemment, le transport fluvial de marchandises possédait quelques atouts. Ainsi, la création de VNF en 1991 et la libéralisation du transport fluvial en 2000 ont permit un redressement significatif des trafics.


Sources : jouve-hdi.com

Aujourd’hui, le fluvial a retrouvé une visibilité importante, et plusieurs projets en cours pourrait permettre un développement plus important encore…

+ De grands projets en développement

Canal Seine Nord Europe :

Si le transport fluvial de marchandises emprunte couramment les voies d’eau naturelles, il peut être utile de compléter ce réseau par des infrastructures particulières : les canaux. Ainsi, afin de relier les réseaux À grand gabarit du nord de la France et de la Seine, l’Etat a prévu de relier les deux bassins À travers le canal Seine-Nord-Europe, dont le coût est estimé À 4,3 milliards d’euros.


Sources : vnf.fr

Long de 106 km, il reliera Compiègne À Aubencheul-au-Bac, près de Cambrai. Grâce aux nombreuses infrastructures prévues, le trafic attendu est de 15 Mt en 2020.

Port 2000 :

Le port du Havre constitue une entrée maritime majeure dans notre pays. Une grande partie des marchandises À destination de Paris sont d’abord débarquées au Havre. Cependant, ce port perd en compétitivité au profit des ports de Belgique et des Pays-Bas. Pour cette raison, le port du Havre a décidé de se moderniser, et a lancé un vaste programme de modernisation. Les capacités de chargement – déchargement seront augmentées, tandis que des portes conteneurs plus importants pourront approcher. Le transport fluvial a enfin été intégré au schéma, et une écluse fluviale, un chantier multimodal et un prolongement du grand canal du Havre permettra une meilleur desserte par voie d’eau intérieure.

Port d’Achères :

Port de Paris est la principale autorité gestionnaire des ports en Ile-de-France. Tous les ports publics sont en effet sous sa gestion. Afin d’anticiper les trafics en provenance du port du Havre et du canal Seine-Nord-Europe, le projet du port d’Achères (Paris Seine Métropole est mis en place. Ce sera la deuxième très grande plateforme multimodale de la région, avec Gennevilliers.

+ ...mais un impact limité

Encore aujourd’hui, le transport fluvial de marchandises ne représente que 56,1 millions de tonnes de trafic. Cela peut sembler important, mais cela ne représente que 3,7% du transport total de marchandises !

Les explications sont multiples. La première est que dans l’état actuel des choses, le transport fluvial n’est rentable qu’À partir d’un certain tonnage. Ainsi, les plus petites péniches en fonction pour le transport de marchandises pèsent tout de même 350 tonnes, soit l’équivalent d’une dizaine de camions. Pourquoi une telle limite ? Parce qu’À ce niveau, les économies de carburant et de main d’œuvre deviennent intéressantes. En effet, si un bateau de transport avait la taille d’un camion, les économies de carburant seraient trop limitées pour compenser le coût du temps nécessaire supplémentaire et les autres frais (entretien, passage des écluses…).

De plus, le transport fluvial ne permet pas de desservir l’ensemble du territoire. En effet, les voies navigables se concentrent dans l’est et le nord de la France, ainsi qu’À l’extrême sud-ouest. Mais la moitié du territoire n’est absolument pas desservie. A une échelle plus locale, même dans les régions desservies, il sera impossible de desservir tous les destinataires, puisque beaucoup d’entreprises sont situées loin des voies d’eau.


Source : vnf.fr

Sur cette carte, nous pouvons observer que la Loire, le premier fleuve français, n’est presque pas considérée comme navigable.

Pourtant, durant de nombreuses années, les gabarres ont permit d’acheminer des marchandises jusqu’en Bourgogne. Certes, les tonnages étaient moins importants, et ni la route ni la voie ferrée ne faisait de concurrence À la navigation. Pourtant, les solutions trouvées par le passé sont riches d’enseignement et d’idées originales pour permettre d’innover dans un transport fluvial de marchandises en plein renouveau...